Les droits de l’enfant en fête
Place Le Corbusier - Le Talus Circus a marqué cinq ans.
Mais, faute d’animateur, il se pourrait qu’il se mette en veilleuse
La fête du Talus Circus, samedi sur la place Le Corbusier, a souffert de la chaleur alors que l’année passée elle était frigorifiée... Paradoxalement, le résultat a d’abord été à peu près le même: assez peu de public. Mais il est gentiment venu en fin d’après-midi et en soirée pour un été en pente douce. Le cirque d’adolescents a donc fait la fête, mais il risque de tourner au ralenti dans l’avenir proche, malgré sa renommée et ses finances saines. Pourquoi? Parce que l’animateur qui a remplacé la cheville ouvrière du Talus Claude Moullet, devenu éducateur de rue mandaté par le canton pour un travail pilote, n’a pas fait long feu et qu’on a encore trouvé personne pour le remplacer.
Vingt ados sur les routes
Il n’y a donc pas eu de spectacle d’acrobatie et de théâtre comme prévu. Mais la place a été gentiment animée par un petit marché aux puces, un bassin de pêche miraculeuse, une tombola, la camionnette de pizzas au feu de bois avec fourneau à l’arrière, des démonstrations de graffitis, de break dance et de la musique, dont l’excellent groupe Bubbly Hot Tub qui a clos le bref apéro officiel marquant les cinq ans de la troupe.
Claude Moulet a rappelé la belle trajectoire du Talus. En 1997, vingt ados et accompagnants partaient sur les routes de Tchéquie, prélude à une série de voyages pour défendre les droits de l’enfant, ici et ailleurs. Pays basque, Roumanie, Tessin, puis Mexique: le Talus a vécu en romanichel, liant des relations avec les gosses des rues et les institutions qui les défendent. Il y a eu aussi l’accueil d’enfants du tiers monde et la «Global March» convergeant vers le siège du Bureau international du travail à Genève, qui a abouti, en 1999, à la signature d’une convention ratifiée par 60 pays contre l’exploitation du travail des enfants.
Rebondir
«Nous sommes prêts à repartir, pour autant que nous retrouvions des forces vives», a lancé Claude Moullet, au nom de la cinquantaine d’adolescents qui ont fait vivre le Talus Circus. La conseillère communale Lise Berthet (la Ville, le canton, la Loterie romande, le Rotary et des mécènes ont toujours soutenu la troupe) les a encouragés à transmettre leur message d’espoir, reconnu par l’Unesco et le Conseil de l’Europe. Le Talus verra à l’automne s’il peut rebondir. Le minifestival de l’après-midi a vu d’autres jeunes et bons groupes régionaux, Liquid Roots System (reggae) et Free Lizards (funk rock), qui ont chauffé le pavé. Le soir, on a mangé indien et rebranché la sono, notamment pour entendre le folklore irlandais et yiddish de Serge Broillet et ses amis.
Robert Nussbaum (L'express)






Samedi 15 juin 2002
Démo a la Fête du Talus Circus
La Chaux de fonds